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Après avoir lancé la célèbre marque de vêtements "Poker is War", Yann Le Dréau, véritable passionné de poker, continue de surprendre la communauté des joueurs de poker en se lançant dans la littérature. Secondé par Alexis Beuve [auteur de Le poker, au-dela du hasard, Praxeo 2008] et du novelliste Franck Garot, ce joueur averti a travaillé 2 ans sur la rédaction de Poker is War, un volumineux [608 pages] traité technique de No Limit Hold'Em. L'approche est résolument orientée "compétition", vers un poker professionnel. La sortie de ce bijoux est prévue pour le 10 juin 2011. Pour patienter, nous vous proposons de découvrir 40 pages en exclusivité.
POKER IS WAR : TECHNIQUE, ILLUSTRATIONS ET MISE EN SCENE ORIGINALE
Dans cet ouvrage, les thèmes traités couvrent l'exhaustivité des problématiques du poker contemporain : les stratégies exploitantes, intermédiaires et inexploitables, l'aggressivité préflop, le set-mining, l'information et l'intoxication, le contrôle du pot, l'art du continuation bet, les bettings pattern post flop, l'art de balancer son range, la feuille de route de tournoi, les phases de tournoi, steals et re-steals, la théorie des blocs en pratique, l'ICM, le facteur bulle, le heads-up. Tout l'intéret de cet ouvrage réside dans le traitement original de ces nombreux sujets. En effet, Poker is War développe une mise en scène digne d'un roman puisque le lecteur incarne Soren, le héro, un bon joueur de club. Découvrez en exclusivité, 40 pages du livre :
Soren est un joueur de club, venu à Barcelone pour s’offrir un side event de l’EPT à 1 000 €. Après son élimination du tournoi, il fait la connaissance de deux joueurs pros qui vont accepter de le coacher, chacun pour des motivations différentes. On ne vous en dit pas plus pour le moment. Le héros découvre Gwen, joueur expérimenté, la cinquantaine qui va lui rappeler les fondamentaux, lui enseigner les stratégies exploitantes et inexploitables, la discipline, les aspects mathématiques du jeu, la segmentation d’un range, l’exploitation de l’information, le contrôle du pot et la stratégie de tournoi. Il suivra également la formation promulguée par Siyah, jeune pro sicilienne, formée par Gwen. Il découvrira l’agressivité préflop, les 3- bets/4-bets, le jeu post flop, les betting patterns, le heads-up et la manipulation.
La jouabilité au flop
– Engager le combat n’est jamais un acte neutre, Soren. Les ennemis vont s’affronter, inévitablement. Seulement, le choix du moment et de la manière demeure un élément crucial. Les plus grandes batailles furent souvent gagnées ou perdues avant même de commencer. Avec l’expérience, le choix de la main de départ paraît trivial, presque automatique. Tu la joues en fonction de la situation. La plupart des erreurs de débutant se situent préflop : surestimation du potentiel, mauvaise position, mauvais move, manque de considération des hauteurs de tapis ou de la dynamique de la table.
– C’est vrai que j’ai souvent eu tendance au départ à payer en blindes avec des mains comme A-5o pour me retrouver embarqué au flop quand j’avais trouvé la top pair.
– Ou d’être battu avec K-J par K-Q sur un board hauteur roi. Ou de payer hors de position jusqu’à la river avec 6-5 sur un board 9-8-6-4.
– Aussi. Je me disais souvent qu’en touchant une ventrale, j’allais pouvoir gagner gros.
– Ces schémas sont légion. Analysons ta méthode. Comment choisis-tu ta main de départ ?
– J’utilise une matrice qui évalue la force de chaque main. Elle liste les chances de victoire à l’abattage de chacune des 169 mains de départ. Contre deux joueurs, et jusqu’à neuf.
– Classique. Il existe plusieurs matrices plus ou moins empiriques, plus ou moins calculées. Des bonnes et des moins bonnes. Mais le principe reste le même. Ces matrices, c’est ton armurerie.
– Tout le monde le fait, j’imagine. Pas vous ?
– Cela dépend de la situation. Tu vas comprendre pourquoi. Vois-tu souvent neuf joueurs à tapis en même temps ?
– Justement non. Cela arrive lorsque ta profondeur t’impose de partir All-in préflop, en milieu ou fin de tournoi. Ou alors avec une plus grande profondeur lorsque deux joueurs ont une main qu’ils jugent légitime pour le faire. La matrice dont tu parles vaut pour ces cas-là. Mais la plupart du temps, en cash game et en début de tournoi, tu ne verras pas beaucoup de tapis préflop. Le déroulement d’une main n’est pas linéaire. Il se passe beaucoup de choses à chaque étape : les enchères préflop, au flop, à la turn, à la river. Ces équités et le classement qui en découle valent contre un range de mains aléatoire mais varient lorsque le range adverse se resserre. Combien jouent 100% des mains préflop ? Sans compter qu’un bon joueur saura manoeuvrer une main faible post flop, avec la position notamment, ce que ne sait pas encore faire un débutant.
– Oui, bien sûr. Chaque main peut s’améliorer ou pas par la suite.
– Chaque main gagne ou perd de la valeur à chaque street. Ajoute les enchères par-dessus et ton scénario ne t’amène pas nécessairement au showdown.
– C’est vrai. Et donc ?
– Reprenons le film au début, veux-tu ? D’abord le contexte. Ta main de départ, c’est l’arme que tu choisis selon la position que tu auras sur le champ de bataille. Ensuite arrive le flop. Tu connais alors cinq cartes sur sept. Ce qui correspond à 71% de ton jeu final. C’est déterminant pour savoir si tu dois continuer le combat ou battre en retraite pour limiter tes pertes. Un débutant est souvent dans le brouillard après le flop car il a du mal à se situer. Il doit compenser un jeu post flop pauvre en consolidant le jeu préflop. Choisis ta main de départ en fonction de ta position, de l’action jusqu’à toi, des tapis, du niveau et du style des joueurs, et j’en passe. Si tu rentres dans l’arène avec une main forte, tu seras généralement devant au flop. Quand tu auras amélioré ton jeu post flop, tu pourras prendre des risques avec des mains marginales car tu sauras profiter du contexte pour chercher la rentabilité. Ce que font les plus expérimentés.

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N'hésitez pas à me poser des questions sur le livre.
Yann Le Dréau